Il y a dix ans, la voiture sans permis, c’était la boîte à savon du voisin qui avait perdu ses points. Aujourd’hui, c’est la Citroën Ami garée devant le collège, et au Mondial de l’Auto, on en croisait à tous les coins d’allée. Petites, électriques, souvent rigolotes, elles visent un public précis : l’ado de 14 ans qui en a marre qu’on l’attende sur le parking du club de hand.

Le principe, pour ceux qui n’ont pas suivi : ces quadricycles légers se conduisent dès 14 ans avec le permis AM, qui demande huit heures de formation. Vitesse bridée à 45 km/h, moteur de 6 kW au maximum, deux places. La Citroën Ami démarre à 8 190 €, la Fiat Topolino à 9 890 €, et le cœur du marché reste sous les 10 000 €. Pas de bonus écologique (il a disparu fin 2024 pour ces véhicules), et le contrôle technique s’applique désormais à elles aussi.

L’EZI EM06 : la plus mignonne du hall

Celle qui nous a arrêtés s’appelle EZI EM06. EZI est une marque du groupe Keeway, connu pour ses scooters, et la petite était exposée dans le hall 7.1. Vert kaki mat, toit blanc, phares ronds cerclés de chrome et galerie de toit tubulaire : on dirait un 4x4 de safari passé au lavage à 90 degrés. Sur la calandre, un écran fait défiler des messages. Timéo aurait adoré. Nous aussi, un peu.

Sur le papier, la marque promet beaucoup : jusqu’à 180 km d’autonomie pour la gamme, une recharge complète en deux heures sur une borne Type 2, un écran central de 13,4 pouces, la climatisation et des sièges chauffants. Les précommandes ont ouvert pendant le salon et les premières livraisons sont annoncées pour fin mars 2027, d’abord dans les grands marchés européens. Le prix, lui, n’a pas été communiqué.

Puis on s’est assis dedans

Et là, ça se gâte. La finition du modèle exposé fait peur : assemblages approximatifs, plastiques qui sonnent creux, et surtout un volant qui bouge quand on le prend en main. La photo floue de la galerie n’est pas un raté du photographe, c’est un reportage.

Soyons justes : un véhicule de salon est souvent une maquette, montée à la main pour être belle sous les projecteurs, pas pour avaler les dos d’âne de la rue du collège. On ne doute pas que la version de série corrigera tout ça. Si elle arrive un jour jusqu’à nos rues, évidemment : entre une précommande ouverte et une voiture livrée, il y a souvent un fossé que les start-up de l’électrique connaissent bien.

📋 Le Daron Score de l’EZI EM06

  • Look : sans rival dans le hall. La galerie de toit ne servira à rien, mais elle fait sourire.
  • Fiche technique : alléchante, autonomie et équipement au-dessus de ce qu’on voit d’habitude dans la catégorie.
  • Finition du modèle exposé : à revoir entièrement. On jugera sur la série.
  • Prix : inconnu. C’est pourtant la seule ligne qui intéresse vraiment le parent qui signe le chèque.

Les nouvelles mobilités, version parent

Derrière l’EM06, c’est toute une catégorie qui grandit : des citadines électriques minuscules, sans permis ou presque, pensées pour faire trois kilomètres par jour. Pour un daron, l’équation est simple. D’un côté, plus de taxi du mercredi et un ado à l’abri de la pluie, avec une ceinture et une carrosserie, ce qu’aucun scooter n’offre. De l’autre, un budget proche de 10 000 €, une assurance qui pique à cet âge-là, et la certitude que la voiture finira couverte d’autocollants.

Notre conseil : si votre enfant approche des 14 ans, allez en essayer plusieurs, asseyez-vous dedans, et secouez le volant. Celui de la vraie voiture, pas celui du salon.

Les autres papiers du salon sont sur la page spéciale Mondial de l’Auto 2026.

En images

  • En vidéo : le tour de l'EZI EM06, coffre compris.

  • L'EZI EM06 sur le stand, hall 7.1.

  • Le volant. Il bougeait, la photo aussi.