On l’avait écrit, on l’avait supplié, on avait même rédigé une pétition. Et au Mondial de l’Auto, Renault a répondu. Sur son stand, sous un plafond blanc de bloc opératoire, trônait le E-Space Concept : un monospace, un vrai, avec des portes grandes ouvertes et six fauteuils rouges qui avaient l’air de nous attendre depuis 1984.

Petit rappel pour les plus jeunes. L’Espace a inventé le monospace en Europe en 1984. Pendant trente ans, il a transporté des familles entières vers la Bretagne avec la glacière entre les pieds. Puis, en 2023, l’Espace VI est devenu un SUV, comme tout le monde. Une page s’était tournée. Le E-Space la rouvre.

Ce qu’il y a dedans (et pourquoi on a eu les yeux qui piquent)

Le concept mesure 4,70 m de long, 2,02 m de large et 1,67 m de haut. Il est donc à peine plus court que l’Espace actuel, mais 18 cm plus large. Et ces 18 cm, on sait déjà où ils vont : entre Timéo et Clitorine, pour qu’ils arrêtent de se toucher avec le coude.

À l’intérieur, six sièges individuels identiques sur trois rangs. Ceux du deuxième rang pivotent à 180° pour faire face au troisième, en carré, comme dans le TGV. Version quatre places : les sièges du milieu se replient et forment une grande table. Il y a des tablettes de 12,3 pouces au dos des sièges avant, un écran de 1,13 m de large qui court sous le pare-brise, et des doubles portes à ouverture antagoniste, sans montant central. Pour installer un siège bébé, on a rarement vu mieux.

Côté technique, Renault reste discret : ni batterie, ni autonomie, ni date de production. L’écran panoramique, lui, arrivera bien en série, à commencer par les futurs Rafale et Scénic.

📋 Le Daron Score du E-Space Concept

  • Carré TGV : enfin un endroit où jouer au Uno à 130 km/h. Le conducteur, lui, regarde la route.
  • Portes sans montant : siège enfant installé en dix secondes, sans contorsion.
  • Sièges rouges : très beaux sous les projecteurs. Moins après une compote renversée sur l’A10.
  • Production : non annoncée. On croise les doigts, on allume un cierge.

Et la version F1, alors ?

Les plus anciens s’en souviennent. Au milieu des années 90, pour fêter les dix ans du modèle, Matra a construit l’Espace F1 : une carrosserie d’Espace posée sur un châssis carbone, avec le V10 3,5 litres d’une Williams-Renault de Formule 1 au milieu. On parle d’un 0 à 100 km/h en 2,8 secondes et plus de 300 km/h en pointe. La puissance varie selon les récits, entre 700 et 830 ch.

Le daron sportif, celui qui fait un semi-marathon par an et regarde les Grands Prix le dimanche, n’a jamais cessé d’en rêver. Alors, Renault, si vous lisez ceci : un E-Space électrique, c’est très bien pour aller au foot. Mais un E-Space F1, avec le carré TGV et 800 ch, ce serait le premier monospace où les enfants demanderaient à partir en vacances plus tôt.

Pour l’instant, on se contentera du concept. Et d’un constat qu’on n’osait plus espérer : à Paris, en 2026, un constructeur a dessiné une voiture pour les familles, pas pour les publicités de SUV. Le monospace est de retour. Le daron aussi.

Les autres papiers du salon sont sur la page spéciale Mondial de l’Auto 2026.

En images

  • Portes ouvertes sans montant central, six fauteuils rouges.