J’ai un garage qui ressemble à un petit musée du porte-vélo. Trois modèles Thule, deux Mottez, un Peruzzo offert par un beau-frère en 2012 et qui rouille dignement dans un coin. À chaque départ en vacances, les questions reviennent : est-ce que celui-ci rentre dans l’attelage ? est-ce qu’il bascule pour ouvrir le coffre ? est-ce qu’il va tenir jusqu’à l’Ardèche sans que le VTT du petit dernier fasse du rodéo à 130 km/h sur l’A75 ? Aujourd’hui, on prend les deux chouchous du daron français contemporain et on tranche : le Thule VeloCompact 925 contre le Mottez A009P.

Le Thule VeloCompact 925 : la Rolls du hayon préservé

Le VeloCompact 925, c’est la référence trois vélos sur attelage chez Thule. Charge utile de 60 kg, compatibilité avec quasiment tous les vélos du marché (y compris les VAE jusqu’à un certain poids par vélo, autour de 22 kg chacun), système AcuTight sur le collier de boule d’attelage qui bloque au bon couple avec un clic sonore, pédale de basculement au pied pour accéder au coffre sans démonter, éclairage 13 broches, plaque d’immatriculation. Prix public autour de 500 euros, parfois un peu moins en promotion chez Norauto ou Cyclable.

Montage la première fois : cinq minutes chrono, le temps de sortir la notice, de comprendre le sens des deux bras télescopiques, et de serrer deux molettes. Tout est pensé pour aller vite. Les sangles de roue sont en caoutchouc renforcé, les bras qui maintiennent les cadres sont gainés, le portique antivol à clé est intégré d’origine.

Le Mottez A009P : le bon élève français

Le Mottez A009P, c’est le porte-vélo trois vélos basculant made in Cambrai, fabrication française, charge utile de 45 kg, compatibilité sur boule d’attelage 50 mm standard, sangles textiles renforcées, verrouillage par clé du support sur la boule et des vélos sur le support. Prix public autour de 200 euros, parfois 180 euros en promo printanière.

La philosophie est différente : plus simple, plus léger, plus économique, avec une finition un cran en dessous mais un sérieux indéniable. Mottez équipe les flottes d’entreprise et les loueurs depuis des décennies, la marque sait ce qu’elle fait. Le A009P bascule lui aussi pour accéder au coffre, contrairement à une légende qui court sur les forums, mais il faut décrocher une goupille à l’arrière et pousser avec le genou. Ce n’est pas aussi élégant que la pédale Thule mais ça fonctionne.

Montage et prise en main : l’écart se creuse

Première installation sur la boule d’attelage. Le Thule, c’est cinq minutes. On pose, on serre la molette AcuTight jusqu’au clic, on branche la prise 13 broches, on charge les vélos, on y va. Le Mottez, c’est quinze minutes la première fois, le temps de comprendre l’ordre des serrages et de bien plaquer le collier sur la boule. Une fois qu’on a pris le coup de main, on tombe à sept ou huit minutes.

Basculement pour ouvrir le coffre, vélos chargés : Thule, pédale au pied, le porte-vélo part en arrière, le hayon s’ouvre librement. Mottez, il faut passer derrière, tirer la goupille, accompagner avec la main. C’est moins fluide, surtout en aire d’autoroute avec trois gosses qui réclament le sandwich.

Sécurité, durabilité, rayures : l’épreuve du temps

Sur la sécurité, le Thule est cran au-dessus. Antivol intégré à clé sur le collier de boule (donc le porte-vélo ne peut pas être dévissé sans la clé) et antivols individuels sur chaque bras de maintien des cadres. Le Mottez propose un verrouillage par clé du support et des vélos, mais la serrure est plus basique et le câble plus fin. Dans un camping, ça dissuade un touriste mal intentionné mais pas un voleur déterminé.

Sur la durabilité, j’ai des exemples concrets dans mon garage. Mon premier VeloCompact date de 2013, il a douze ans, il a fait au minimum vingt départs en vacances, il est encore parfaitement opérationnel. Les sangles ont un peu jauni, c’est tout. À l’inverse, un Mottez A009P que j’ai eu entre 2015 et 2022 a commencé à rouiller sur les parties soudées au bout de cinq ans, et une sangle a cédé lors d’un retour de Biarritz sur l’A63. Remplacement facile et peu coûteux, mais quand même.

Sur les rayures hayon : le Thule, avec son basculement pédale, ne touche jamais la carrosserie. Le Mottez, lors du basculement manuel, peut frotter l’arrière si on n’est pas vigilant. J’ai vu un collègue récupérer une micro-rayure sur le pare-chocs d’une Peugeot 308 SW à cause de ça.

Le match des chiffres

Fiche technique

Thule VeloCompact 925

  • Charge utile : 60 kg
  • Nombre de vélos : 3
  • Poids du porte-vélo : 17,3 kg
  • Compatibilité VAE : oui (jusqu’à environ 22 kg par vélo)
  • Basculement : pédale au pied
  • Antivol : intégré, clé Thule One-Key
  • Prise : 13 broches
  • Prix : environ 500 à 550 euros

Mottez A009P

  • Charge utile : 45 kg
  • Nombre de vélos : 3
  • Poids du porte-vélo : 14 kg
  • Compatibilité VAE : non recommandée au-delà de deux VAE légers
  • Basculement : goupille manuelle
  • Antivol : serrure basique à clé
  • Prise : 7 broches (adaptateur 13 broches nécessaire selon véhicule)
  • Prix : environ 180 à 220 euros

Verdict : ça dépend vraiment de ton usage

Si tu pars deux à trois fois par an avec trois vélos musculaires ou un VAE, si ton budget est serré, et si tu ranges ton porte-vélo au sec dans un garage entre deux trajets, le Mottez A009P fait largement le boulot. C’est un bon produit français, honnête, qui remplit sa mission et qui coûte deux fois et demie moins cher que le Thule.

Si tu pars quatre à six fois par an, si tu transportes régulièrement des VAE (le poids commence à compter), si tu veux pouvoir ouvrir ton coffre sans descendre les vélos, et si tu comptes garder ton porte-vélo dix à quinze ans, le Thule VeloCompact 925 est un investissement raisonnable. Ramené à l’année d’utilisation, l’écart de prix se dilue vite.

Personnellement, après quinze ans d’allers-retours, j’ai les deux dans le garage. Le Thule pour les grandes vacances en famille avec les VAE, le Mottez pour prêter au beau-frère qui vient chercher ses vélos une fois par été. C’est la seule réponse honnête : ces deux porte-vélos ne jouent pas exactement dans la même catégorie, et il n’y a pas de perdant dans ce match. Il y a juste deux usages différents.

Un bon départ en vacances, c’est 80% de logistique et 20% de rosé. Dans cet ordre.