Chez moi, dans le garage, il y a une étagère qui s’appelle « les visseuses qui vivent encore ». Il y a une dizaine de modèles, certains depuis quinze ans. Et à chaque fois que j’ouvre le placard, le même débat recommence avec les potes : Ryobi ou Bosch grand public ? Aujourd’hui on pose les deux sur l’établi, on démonte une cuisine, on perce du sapin, du chêne, du placo, du métal, et on tranche.
Les deux challengers
D’un côté, la Ryobi R18PD5, icône verte citron de la gamme ONE+ 18V. De l’autre, la Bosch PSR 18 LI-2, vert sapin, la visseuse grand public que Bosch (attention, gamme verte « bricolage », pas gamme bleue « pro ») vend depuis des années dans les rayons Castorama. Même tension, même format, deux mondes.
Couple, vitesse, mandrin : les chiffres
Ryobi R18PD5
Couple maxi annoncé autour de 60 Nm, deux vitesses mécaniques (0-440 et 0-1 800 tr/min), percussion intégrée (d’où le « PD » pour Percussion Drill), mandrin métallique 13 mm, 24 positions de serrage plus deux modes (percussion et perçage). Moteur brossé classique mais bien dimensionné pour le grand public. Poids autour de 1,5 kg avec une batterie 2 Ah.
En main, elle est équilibrée, la poignée est gommée, le mandrin tient bien la mèche, et la percussion est un vrai plus quand il faut attaquer du parpaing tendre ou un mur en briques creuses. Elle n’est pas silencieuse, mais elle fait son boulot.
Bosch PSR 18 LI-2
Couple maxi autour de 38 Nm, deux vitesses (0-400 et 0-1 350 tr/min), pas de percussion (c’est une perceuse-visseuse pure), mandrin auto-serrant 10 mm, 20+1 positions. Moteur brossé là aussi. Poids comparable, environ 1,4 kg avec batterie.
L’ergonomie Bosch est irréprochable, comme d’habitude. La machine est précise, le débrayage du couple est doux, c’est agréable à prendre en main. Mais le mandrin 10 mm limite en pratique les grosses mèches, et l’absence de percussion ferme une partie des usages.
Le test terrain : cuisine Ikea et atelier
On a fait l’exercice classique : démontage complet d’une cuisine Ikea Metod (environ 200 vis à sortir et à revisser ailleurs), perçage de 20 trous diamètre 8 mm dans du contreplaqué 18 mm, perçage de 10 trous diamètre 6 mm dans du béton cellulaire, et une série de vissages dans du chêne massif pour tester le couple réel.
Sur la cuisine Ikea
Match nul, les deux tiennent le rythme sans sourciller. L’autonomie fait la différence : la Ryobi, avec une batterie 4 Ah (disponible dans certains packs), tient tout le démontage + la moitié du remontage. La Bosch avec sa batterie 1,5 Ah standard est à plat à la moitié. Avec une 2,5 Ah, elle s’en sort mieux.
Sur le perçage chêne et béton
La Ryobi prend l’avantage. Le couple plus élevé passe à travers le chêne sans forcer, et la fonction percussion permet d’attaquer le béton cellulaire proprement. La Bosch PSR 18 LI-2 cale sur les gros diamètres dans le chêne, et elle est incapable de percer du béton (ce n’est pas son rôle, mais c’est un vrai manque pour un daron qui n’a qu’une seule machine).
📋 Fiche technique / L’essentiel
- Ryobi R18PD5 : ~60 Nm, mandrin 13 mm, percussion, écosystème ONE+ 18V compatible 300+ outils, prix nu ~70 €, pack avec 2 batteries 2 Ah + chargeur ~130 €
- Bosch PSR 18 LI-2 : ~38 Nm, mandrin 10 mm, pas de percussion, écosystème « Power for All » 18V grand public, prix pack avec batterie ~110 €
- Écosystèmes : Ryobi ONE+ largement plus fourni (300+ outils) que la gamme verte Bosch
- Garantie : 3 ans Ryobi (sur enregistrement), 2 ans Bosch
L’écosystème : le vrai argument qui tue le match
C’est là que ça bascule définitivement. Une perceuse-visseuse, aujourd’hui, ce n’est plus un outil isolé : c’est le début d’une collection. Et quand tu choisis ta première machine, tu choisis surtout la famille de batteries à laquelle tu vas être fidèle pour les dix prochaines années.
La gamme Ryobi ONE+ compte plus de 300 outils compatibles avec la même batterie 18V : scie circulaire, ponceuse, aspirateur, souffleur, tondeuse, taille-haie, mini-compresseur, nettoyeur à pression, projecteur LED, transistor (oui, comme chez mamie), et même un ventilateur de terrasse. Tu achètes un pack avec deux batteries, tu as de quoi équiper un garage entier en un an.
La gamme verte Bosch grand public, elle, est beaucoup plus restreinte. Une vingtaine d’outils compatibles dans le meilleur des cas. Et surtout, attention au piège : les batteries de la gamme bleue Bosch (pro) ne sont pas compatibles avec la gamme verte. Donc si un jour tu veux monter en gamme, tu rachètes tout. C’est une impasse pour un daron qui veut construire son parc d’outils.
Prix : l’écart se creuse encore
La Ryobi R18PD5 en pack avec deux batteries 2 Ah et chargeur se trouve autour de 130 euros en promo (parfois moins chez Castorama ou sur Amazon). La Bosch PSR 18 LI-2 en pack tourne autour de 110-130 euros selon la taille de batterie, mais avec une seule batterie. À prix équivalent, la Ryobi te donne plus d’autonomie, plus de couple, la percussion, et l’accès à une gamme de 300 outils.
Le verdict : Ryobi R18PD5, pas de débat
La Bosch PSR 18 LI-2 est une bonne machine, bien finie, agréable à utiliser. Mais face à la Ryobi R18PD5, elle perd sur presque tous les critères qui comptent pour un daron : le couple, la polyvalence (percussion), le mandrin (13 mm contre 10 mm), l’autonomie, l’écosystème, et le rapport qualité/prix global.
Verdict sans appel : la Ryobi R18PD5 remporte le duel. C’est la perceuse-visseuse du dimanche qu’il te faut si tu veux une machine polyvalente, solide, et qui t’ouvre la porte à une famille d’outils que tu construiras pendant des années. La Bosch PSR 18 LI-2 reste une option correcte si tu as déjà un chargeur vert dans le garage et que tu ne veux rien percer de plus dur qu’une plaque de plâtre. Pour tous les autres, direction rayon Ryobi.
Et souviens-toi du mantra : un daron qui achète du premier prix finit toujours par racheter du milieu de gamme six mois plus tard. La Ryobi R18PD5, c’est exactement le bon milieu de gamme.


